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Calculer son runway sans se mentir

Le runway n'est pas une simple division. Trois erreurs le font paraître plus long qu'il ne l'est. Elles se corrigent en une heure.

Tu connais la formule. Trésorerie divisée par burn mensuel. Elle donne un nombre de mois. Ce nombre finit dans un tableau. Le tableau finit devant un investisseur.

La formule est juste. Ce sont les deux chiffres que tu y mets qui posent problème.

La trésorerie n'est pas le solde bancaire

Le solde affiché ce matin contient de l'argent qui ne t'appartient déjà plus.

  • La TVA que tu reverseras le mois prochain.
  • Les salaires du mois en cours, si la paie tombe plus tard.
  • Les abonnements annuels déjà signés. Ils partiront en une fois.
  • Un paiement client encore promis, pas encore reçu.

Ce qui compte, c'est la trésorerie disponible. C'est le solde, moins tout ce qui est déjà dû. L'écart entre les deux vaut souvent un à deux mois de runway. Deux mois, c'est la différence entre lever sereinement et lever sous contrainte.

Le burn moyen ment quand il n'y a pas de moyenne

La moyenne des trois derniers mois suppose que ces trois mois se ressemblent. Ils se ressemblent rarement. Un recrutement, une campagne, une échéance fiscale. La moyenne décrit alors un passé qui ne reviendra pas.

Le burn qui compte n'est pas celui que tu as eu. C'est celui que tes engagements actuels produiront le mois prochain.

Reconstruis-le à partir de tes engagements. Masse salariale réelle, loyers, outils, prestataires sous contrat. Ajoute ce qui est décidé mais pas encore payé. Un poste signé qui démarre dans six semaines, par exemple. Tu obtiens ton burn de base. C'est le seul qui prédit quelque chose.

Un seul chiffre ne suffit pas

Un runway unique donne une fausse impression de précision. Trois scénarios en donnent une vraie.

  • Tel quel : rien ne change. Aucun recrutement, aucun nouveau client.
  • Plan : tu recrutes comme prévu. Le chiffre d'affaires suit le prévisionnel.
  • Prudent : tu recrutes comme prévu. Le chiffre d'affaires atteint la moitié du prévisionnel.

Le troisième est celui qui t'intéresse. Il te donne une date. C'est la date à laquelle tu dois avoir décidé quelque chose. Tu pilotes cette date, pas un nombre de mois.

Ce que ça change

Un runway calculé ainsi est plus court que celui que tu avais en tête. C'est là sa valeur. La question n'est plus « combien de temps nous reste-t-il ». Elle devient « qu'est-ce que nous décidons avant telle date ».

Un investisseur fera ce calcul de son côté, avec ses hypothèses. Autant arriver avec le tien. Et savoir le défendre.

Romy fait ce calcul sur tes chiffres. Elle te dit ce qui change quand ils bougent.

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